Durant cette période on peut distinguer deux écoles de peintures.
La première est appelée "Libyens sahariens" par Malika Hachid et "Pasteurs de Tin Anneuin" par Afred Muzzolini.
Les pasteurs de Ti-n Anneuin.
Cette école a été nommée ainsi par Mori d' après un site de l'Akakus mais elle est aussi très largement présente dans la Tassili n'Ajjer.Les peintures représentent toujours le même thème. Il s'agit de personnages peints généralement en blanc et portant une cape ocre agrafée devant le cou. Les hommes sont grands et élancés . Dans certains cas le manteau ocre est absent, mais l' allure du corps reste la même. Les personnages sont toujours représentés de profil. Le rendu des anatomies est moins schématique que celui des personnages "à tête-bâtonnet" (la deuxième école de la période), le contour des têtes est plus détaillé. Les corps sont toujours très élancés.Très souvent ces hommes portent des plumes blanches dans les cheveux. Quelques ornements peuvent être figurés : bandeau ocre autour du front et bracelets de chevilles. Le bandeau frontal est un signe de la chefferie berbère. Les attitudes sont dignes, on les voit presque toujours debout, marchant en file, jamais impliqué dans une scène de la vie
A. Muzzolini propose d' identifier cette école avec les critères suivants :
- Peinture en aplat, le plus souvent ocre, parfois blanc surtout en Akakus, avec peu de détails internes.
- Un style fortement géométrique avec des lignes droites qui évitent les courbes et les fantaisies; La silhouettes des personnages donne l' impression d' une anatomie raide avec une forme générale "bi triangulaire".
- Des personnages spécifiques avec une tête très schématisée, le plus souvent en forme de bâtonnet.
Il faut cependant quelque peu moduler ces critères. En effet la tête en forme de bâtonnet a continuer d' être utiliser dans la période suivante (caméline), le vrai critère discriminant est bien la forme des personnages.Un triangle est parfois ajouté au bâtonnet, figurant un nez très schématique. Sur quelques peintures bien conservées on peut encore observer qu'en fait le bâtonnet a parfois servi de support à une vraie tête exécutée avec un pigment différent, plus fragile qui a aujourd'hui disparu. Dans quelques rares cas les visages sont bien détaillés. Les traits sont alors europoïde semblable à ceux du groupe d' Iheren.

Les hommes portent une jupe courte, une sorte de tunique jusqu' à mi-cuisse, parfois légèrement retroussée à la base, serrée à la taille et qui s' évase ensuite. Cette tunique leur donne cette allure particulière qui a conduit à les dénommer "bi triangulaires".
Cette tunique a une longévité historique remarquable, en effet un vêtement en cuir souple identique s' est conservé chez les Touaregs jusqu'au début du siècle.
Les femmes apparaissent dans ces figurations. Les vêtements, souvent des robes longues, adoucissent la raideur des silhouettes. Elles sont fréquemment très cambrées et peuvent présenter dans certains cas une stéatopygie accentuée (de stéato-, et -pyge "fesse", dont le tissu adipeux est très développé au niveau des fesses). Cependant celle-ci ne doit sans doute être interpréter que comme une convention artistique locale et non comme la représentation d' un caractère génétique des populations.
L'armement de cette école est presque exclusivement le javelot, l' arc a disparu. Parfois les personnages portent de grandes lances.
Danse aux bâtons. Il existait chez ces personnages à "tête de bâtonnet " une danse guerrière qui est encore pratiquée par les Touaregs.Les danseurs utilisent leurs bâtons de commandement qu 'ils maintiennent côte à côte, les croisant et les entrechoquant.
Ce thème se retrouve en plusieurs endroits de la tassili et de la Tadrat. Ces danses évoquent probablement des préparatifs de guerre.
Les ancêtres des berbères tenaient le femme en très haute estime et les peintures témoignent de son statut. La mixité est de rigueur et sa position socio-politique ne diffère pas de celle de l' homme.
La femme Touareg héritera d' une grande partie de ces droits

Toutes les peintures de ces écoles se situent sur le même territoire que celles des groupes à l'origine de l'école d'Iheren, la région de la Tassili N'Ajjer et de l'Akakus.
On peut remarquer que ces groupes sont tous du type europoïde, que leurs peintures sont souvent juxtaposées sur les mêmes parois.
Tous ces faits laissent à penser que le changement entre le style naturaliste des proto berbères et le style plus schématique des caballins s'est fait au sein d' un même groupe ethnique que l'on peut supposer lié à l' origine des populations actuelles du Tassili.

L'armement change, les javelots remplacent l'arc traditionnel. Le char, utilisé pour la chasse et le prestige, et le cheval, font bientôt leur apparition. Le Sahara entre maintenant dans la protohistoire avec les premiers témoignages de Hérodote : "Au dessus de la mer et des populations qui la bordent, se trouve la Libye des bêtes sauvages et au dessus s' étend une zone de sable terriblement sèche et déserte".
L'art rupestre paléoberbère demeure la source la plus importante pour les débuts de l' histoire au Sahara. Cet art possède une unité culturelle et dont les mots clés sont : le cheval et le char, l'écriture et le métal.
Les chevaux sont surtout présents dans les compositions avec des chars. Ils sont souvent figurés avec un style nommé "au galop volant" avec des pattes raides, tendues et presque à l' horizontale